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    Oh! Combien je suis heureux de voir nos enfants post-indépendance bien habillés, cartable avec leurs affaires au dos pour rejoindre l'Ecole ou le Lycée et arriver autant d'argent  pour pétarader lor du Mouloud Ennabaoui. De mon temps, j'ai connu la faim, le froid, les pieds nus... et nos parents démunis et impuissants souffraient encore plus que nous de nous voir en ces états. Gloire au Libérateurs de l'Algérie qui nous permettent de vivre une vie décente !

     

     

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     Notre quotidien s'accompagnait de :

    Notre chauffage central qui permettait aussi au bkhour pour encenser la pièce

     

    Résultat de recherche d'images pour "le nafekh, le brasero"

    La lampe à acétylène (ou lampe à carbure)
    est un moyen d'éclairage le plus souvent portable.
    La source lumineuse est la flamme de combustion
    du gaz acétylène, celui-ci résultant de la réaction
    de l'eau sur le carbure de calcium tous deux contenus dans la lampe.

     

     

    Notre chauffage central qui permettait aussi au bkhour pour encenser la pièce

     

    Résultat de recherche d'images pour "le nafekh, le brasero"

     

    Nos jeux d'enfance

    LES NOYAUX D'ABRICOTS

    Heureusement que Laghouat était grande productrice d'abricots à en sécher pour en faire du Herrmès pour la sauce du Couscous et le Merdoud. Il fallait d'abord se constituer un petit stock de noyaux. Ce jeu a été un « best-seller » dans les cours de récréations à mon époque. La règle de base de ce jeu est d'une simplicité toute enfantine, démolir un tas constitué de 3 noyaux assemblés en triangle, le quatrième posé dessus, finissant la pyramide. Il fallait bien viser et projeter un noyau sur le « tas », alors que nous nous trouvions à 2 où 3 mètres de celui-ci. Celui qui réussissait gagnait la totalité des noyaux mis au sol par ses partenaires de jeu.

     

    Résultat de recherche d'images pour "algerie, jouer à la toupie"

     jouer à la toupie

                   Résultat de recherche d'images pour "algerie, jouer à la toupie"                               Résultat de recherche d'images pour "algerie, jouer à la toupie"   Résultat de recherche d'images pour "algerie, jouer à la toupie"

     

    Parfois jouer avec un vrai ballon, pas celui de chiffons habituel, à notre jeu préféré le foot-ball qui nous obligeait à une cotisation douloureuse. On arrivait alors, après longtemps, à réunir le prix d'achat d'un ballon qui nous laissait les traces de son lacet de cuir sur le front.

     

     

     

     

     Nos voitures étaient des plus luxueuses, dernières sorties d'usines

     

     

    Sidi Brahim : Roulma (  le Carico ) existe toujours.  Résultat de recherche d'images pour "anciennes photos, jeux jeunes algériens, la roue"

     

     

    Elles rattrapent les temps perdus

    "conversations diverses y compris d'amour"

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    Le coeur perçoit ce que l'oeil ne voit pas

     

     

     

     


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    Les 3 frères DELLOUCI, mes beaux frères, victimes du Devoir.                                                      Une rue de Miliana est celle des Frères DELLOUCI

    L'ainé Djilali DELLOUCI

     

    Djilali DELLOUCI Moudjahid depuis le 1er janvier1956 dans la région du Zaccar. Mort au champ d'honneur en Novembre 1959, au cours d'un accrochage avec l'ennemi dans la région de Médéa. Il enleva un moine de Tibhirine pour l'échanger contre un chef moudjahid détenu à Médéa.
    Tout au début de la révolution, je l'ai rencontré à Téniet-El-Had et lui ai proposé de rentrer avec moi à Miliana. Il déclina l'offre poliment me disant qu'il avait encore à faire dans cette ville. En réalité, il activait déjà au sein de l'ALN et ni lui ni moi, ne savions que nous allions devenir beaux-frères

     

    Le 2ie Mohamed DELLOUCI

    Résultat de recherche d'images pour "dellouci, miliana"Mohamed Dellouci, assis 2ie à partir de la gauche, dernière année d'Ecole des Mines. Les élèves de l'Ecole des Mines avaient une très belle tenue bleue avec calot comme pour les Grandes Ecoles françaises.

     

    Elève de l'Ecole des Mines de Miliana, a rejoint le combat libérateur le 23 Avril 1961 Tombé les armes à la main, le 5 octobre 1961 à Kherba. Tout était prêt pour baptiser l'Ecole des Mines de son nom avant qu'elle ne soit pillée et rasée durant la décénie noire..
    Le jour de son départ pour le maquis, à moi seul,
    il m'en fit part. J'ai tenté de l'en dissuader au motif
    que nous étions à la veille de l'indépendance et que
    les titres acquis au bout de ses études nous seront
    nécessaires pour l'édification du pays.
    Mais sa décision était irrévocable et Ahmed Kirli, lah Errahma fut leur guide pour rejoindre le maquis, Mohamed et son camarade d'Ecole des Mines, Noureddine Baba-Khelil qui eut la chance de revenir du combat libérateur et d'occuper la fonction de Commissaire Central avec dernier poste Djelfa

     

    Le 3ie Benyoucef DELLOUCI

    Résultat de recherche d'images pour "dellouci, miliana"

     Mort en service commandé sur la route Moutonnière - Alger, l'enterrement de Benyoucef DELLOUCI à Miliana a eu lieu à l'automne 68 alors que sa mère et son père étaient en pélerinage à la Mecque. Bien qu'il était mon beau frère, je le considérais comme mon fils
    Benyoucef était l'un des premiers officiers de la Marine Nationale Algerienne formés au lendemain de l'independance à la base navale de Skotchi en mer noire dans l'ex-URSS. Il laissa derrière lui une femme enceinte qui donnera naissance à un garçon qui sera prénommé Benyoucef comme son père.
    Une grande foule est venue rendre un dernier hommage à Benyoucef dont Haddad Abdelkader, que Dieu préserve, leur ami et beau-frère de Benyoucef qui faisait lui aussi partie du contingent envoyé en Russie.

    Sur la photo, certains reconnaitront en tête du cortège Mohamed Messaoudi allah yarhmou.Un autre Milianais, son ami de promotion et dans la vie, également formé en Russie. C'est lui qui fut chargé de l'organisation de l'hommage militaire rendu au defunt.                               Le colonel Mohamed Messaoudi, plus tard chef de la sécurité maritime et membre de la commission d'enquête sur l'assassinat de feu Mohamed Boudiaf, sera à son tour lâchement assassiné à El Biar en présence de son fils par un groupe terroriste de 4 terroristes.

     

     

     

     

     

     


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  •  publié l08.08.2018

    Lorsque l’enfant paraît
     Lorsque l’enfant paraît, le cercle de famille
     Applaudit à grands cris ; son doux regard qui brille
     Fait briller tous les yeux,
     Et les plus tristes fronts, les plus souillés peut-être,
     Se dérident soudain à voir l’enfant paraître,
     Innocent et joyeux.
    Victor Hugo

    -  La Mode enfantine sur les plages pour cet été
    -  Comment ces amours voient l'amour...
    -  Leurs perles à l'école primaire cette année 

     

     

     Quel est le bon âge pour se marier ?
    - 84 ans, parce qu'à cet âge, vous n'avez plus à travailler et vous pouvez passer tout votre temps à vous aimer dans la chambre à coucher. (Judy, 8 ans)
    - Une fois sorti de la maternelle, je me trouverai une épouse. (Tom, 5 ans)

      

     

     Que font les amoureux pendant un rendez-vous ?
    - Au premier rendez-vous, ils se disent juste des mensonges l'un à l'autre, et cela suffit généralement à les intéresser assez pour aller au second rendez-vous. (Mike 10 ans)

      

     

     
    A quel moment peut-on embrasser ?
    - On ne doit jamais embrasser une fille avant d'avoir assez d'argent pour lui acheter une grosse bague et un magnétoscope parce qu'elle voudra voir le film du mariage. (Jim 10 ans)
    - Il faut ne jamais embrasser devant d'autres personnes. Mais, s'il n'y a personne, j'aimerais bien essayer avec un très beau garçon, mais pas plus de quelques heures. (Kelly 9 ans)

     



    Le grand débat : est-ce mieux d'être marié ou célibataire ?
    - C'est mieux pour les filles d'être célibataire mais pas pour les garçons. Les garçons ont besoin de quelqu'un pour nettoyer et faire le lit. (Lynette 9 ans)
    - Cela me donne mal a la tête rien que d'y penser. Je suis juste un enfant. Je n'ai pas besoin de ce genre de problèmes. (Kenny 7 ans)

      

     

    Pourquoi deux personnes tombent-elles amoureuses ?
    - Personne ne connaît vraiment les raisons, j'ai entendu dire que cela a quelque chose à voir avec l'odeur, c'est pourquoi les parfums et les déodorants sont si populaires. (Jan 9 ans)
    - Cela à quelque chose à voir avec être transpercé avec une flèche, mais après, c'est beaucoup moins douloureux. (Harlen 8 ans)

     

     Que ressent-on lorsqu'on tombe amoureux ?
    - C'est comme une avalanche lorsque vous avez à courir pour sauver votre peau. (Roger 9 ans)
    - Si tomber amoureux c'est comme apprendre à lire, ca ne m'intéresse pas. Ca prend trop de temps. (Leo 7 ans)

     

      
    Sur l'importance du physique en amour :
    - Si vous voulez être aimé par quelqu'un qui n'est pas de votre famille, cela ne fait pas de mal d'être très beau. (Jeanne 8 ans)
    - L'apparence ce n'est pas tout. Regardez-moi, je suis très beau et je n'ai personne avec qui me marier. (Gary 7 ans)
    - La beauté ne dure pas longtemps, mais la richesse, oui. (Christine 9 ans)

     

     

     

    Pourquoi les amoureux se tiennent-ils la main ?
    - C'est pour être certains

    Résultat de recherche d'images pour "une classe de petits élèves - algerie"

     

    Perles de l'école primaire
    ..
    1. Dans la phrase " Le voleur a volé les pommes ", où est le sujet ?
    Réponse : " En prison "

    2. Quel est le futur du verbe " Je baille " ?
    Réponse : " Je dors "

    3. Que veut dire l'eau potable ?
    Réponse :" C'est celle que l'on peut mettre dans un pot "

    4. Qu'est-ce qu'un oiseau migrateur ?
    Réponse : " C'est celui qui ne peut que se gratter la moitié du dos "

    5. Quoi faire la nuit pour éviter les moustiques ?
    Réponse : " Il faut dormir avec un mousquetaire "

    6. A quoi sert la peau de la vache ?
    Réponse : " Elle sert à garder la vache ensemble "

    7. Pourquoi le chat a-t-il quatre pattes ?
    Réponse : " Les deux de devant sont pour courir, les deux de derrière pour freiner "

    8. Quand dit-on " chevaux " ?
    Réponse : " Quand il y a plusieurs chevals "

    9. L'institutrice demande " Quand je dis : je suis belle, quel temps est-ce ? "
    Réponse : " Le passé, madame "

     


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  • Tatouages

     

    "Henné, arbuste à feuilles relâchées dont le suc est recherché pour ses propriétés colorantes. Egalement connu sous le nom d’alkanna ou de réséda, cet arbuste est très répandu dans les régions chaudes et humides du nord de l’Afrique et du Sud asiatique. Ses petites fleurs très parfumées, roses ou blanches, forment des grappes. La teinture rouge orangé extraite des feuilles est utilisée pour la coloration des cheveux. Les musulmanes l’utilisent pour teinter leurs ongles, le bout de leurs doigts et une partie de leurs pieds, les musulmans pour teinter leur barbe. Cette teinture se prête également à la coloration des cuirs et des peaux ainsi qu’à celle des sabots et des crinières des chevaux. Des momies ont été retrouvées enveloppées dans des bandelettes teintées au henné."                          J'ai vu aussi un ami se "rajeunir" une tête blanchie...mais était-ce au henné ou à l'Eau de Cologne ?

     

    Menna-les-tatouages-au-henne-pour-homme-19 Menna - les tatouages au henné pour homme

     

    tatouage au henné

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    C'est une histoire qui se passe dans ma belle petite ville de Miliana et que je vous fais visiter par quelques vues de la ville de Sidi Ahmed Benyoucef. J'ai même connu certains noms cités dans le livreavec d'autres de mon âge : Moh Smina, le crieur public aveugle, Ahmed Bounif
     L'HISTOIRE MOUVEMENTEE D'UN MILIANAIS AVEC SA VOISINE JUIVE
    Par M‘HAMMED B. LARBI, Professeur de médecine né à Miliana en 1949.*

    "Le Piano d’Esther" de M’Hammed B. Larbi est un roman qui oscille
    entre le passé et le présent avec pour toile de fond une histoire d'amour
    mouvementée. Pédiatre de formation, l’auteur M’Hammed B. Larbi, invite le lecteur à découvrir les coulisses d’une histoire d’amour incestueuse. Comme le mentionne l’auteur en quatrième de couverture, l’histoire racontée dans ce roman est celle des amours maudites : « Celui d’un Arabe pour sa voisine juive, celui d’un exilé pour sa ville avec, pour toile de fond, l’intolérance, la haine et la violence, sentiments qui composent le cortège des sociétés troublées. »

    Hakim est un jeune médecin qui s’installe à Marseille. Il arrive à
    décrocher un poste dans un hôpital. Un jour, il sauve la vie d’une
    vieille femme juive Esther. La fille de cette dernière, Hélène, ne
    sait pas comment remercier ce remarquable médecin qui a sauvé
    sa mère d’une mort imminente. Les visites d’Hélène ne feront que
    renforcer ses liens avec Hakim.

     


    Tombé éperdument amoureux, le couple décide de vivre ensemble
    avant de s’unir par les liens sacrés du mariage. Ils filent le parfait
    amour. Hélène tombe même enceinte. Une grossesse qui sera
    interrompue. Cette histoire d’amour tourne à la fin au drame.
    Hélène est en fait la demi-sœur de Hakim. Esther qui habitait, à l’époque, à Miliana avait eu une relation secrète avec Mohamed, le père de Hakim. Ce dernier décède dans un accident de voiture emportant le secret avec lui. Hakim se souvient, que durant son enfance, il allait très souvent, chez une voisine juive Esther qui jouait merveilleusement au piano.
    A l’indépendance, elle est contrainte de quitter l’Algérie pour la France. Une double déchirure qu’elle vivra en secret.
    M’Hammed Bouziane Larbi a structuré son roman en un va-et-vient entre le passé et le présent, imbriquant ainsi deux histoires. Celle du père et du fils.
    La fin du livre se referme sur la mort tragique des deux amoureux.
    Hélène meurt d’une fausse couche chez elle en France, tandis que
    Hakim est assassiné sur la route de Miliana par une horde intégriste.
    Le voyage effectué dans sa ville natale Miliana pour régler un héritage
    familial lui sera fatal.

     


    ’Hammed B. Larbi "Le Piano d’Esther".
     Editions Musk. Novembre 2005. 198 pages.

    Le piano d'Esther  (extrait)

    Chapitre 1

    - Bon Dieu ! Pas si vite, Christian ! On va se planter. S‘écria-t-elle
    en se cramponnant à son siège.
    - Ne l'inquiète pas ma belle ! J'ai fait ça toute ma vie, répondit le
    chauffeur en accélérant de plus belle. Il y a urgence, n‘est-ce pas Doc?

    Hakim ne répondit pas. Il avait fini par s'habituer. Impassible il 
    regardait s'enfuir les platanes du boulevard Baille, affolés par les 
    hurlements de l‘ambulance du SAMU13 dont le gyrophare 
    ensanglantait les immeubles endormis. Dans un crissement à 
    faire pâlir d‘envie un ingénieur du son, le véhicule s‘arrêta, à la 
    grande joie de Mary-Jo, devant le 43 rue Paradis, une artère 
    qui n‘en finissait pas d‘étirer à travers Marseille.
    Les trois urgentistes, s‘engouffrèrent dans le hall d‘un immeuble 
    vétuste et, chargés de leur matériel, se lancèrent à l‘assaut de 
    l‘étroit escalier qui les mena au troisième étage. Une jeune 
    femme les attendait sur le palier.
    - Merci d'être venu si vite, s'exclama-t-elle d'un ton oppressé. 
    Une grande inquiétude n'arrivait pas à enlaidir son visage 
    illuminé par de grands yeux noirs.
    - Maman vient d‘avoir une attaque, leur dit-elle en les précédant 
    dans le spacieux appartement. Nous étions en train de 
    dîner en regardant la télévision quand elle s'est effondrée : 
    je crois que c'est son coeur !
    Ils entrèrent dans une chambre â la suite de la jeune femme dont 
    la longue chevelure noire dansait au rythme de son empressement. 
    Sur le lit, était allongée une vieille dame. Hakim eut, en la 
    regardant une étrange sensation. Ce visage qui reflétait une 
    grande souffrance comme en témoigne la crispation qui le déformait, 
    se faufila dans sa mémoire. Il connaissait cette dame au teint 
    cyanosé dont les narines se pinçaient à chaque inspiration et 
    dont la poitrine se soulevait avec peine, comme écrasée sous 
    un poids énorme. Il connaissait ces mains diaphanes aux 
    doigts interminables. Il connaissait ces longs cheveux 
    envahis de grisaille qui disaient leur détresse de n‘avoir pas 
    pu résister au temps. Hakim sentit les signes avant-coureurs 
    du grand voyage. Il ferma les yeux très fort. Le frisson 
    commença son invincible cheminement le long de l‘échine. 
    Lorsque l'étreinte fut complète, enserrant la tête et 
    envahissant le cerveau. Le médecin prit le chemin de son passé.

     

    Chapitre 2

    Les maisons ont-elles une mémoire Que ressentent-elles 
    à la veille de leur destruction ? Le film de leur vie se déroule-t-il 
    devant leurs yeux comme cela se passe pour l'homme ? 
    Hakim avait bien souvent, vécu ces moments de vérité, 
    brefs et intenses, pendant lesquels, les notions 
    fondamentales de l'existence prennent le dessus sur les 
    futilités qui empoisonnent le quotidien des êtres humains. 
    Très tôt, il avait fait la connaissance de l'odeur âcre et 
    fétide de la mort. Sa prime enfance en a été fortement 
    imprégnée. Il savait que le point filial, l'aventure ultime 
    pouvaient survenir â tout instant. Il avait appris, au décours 
    de ces fractures du destin que les seules certitudes 
    étaient celles générées par l‘amour et la tolérance.
    Debout devant la grande porte noire et muette, annoncée 
    par deux grandes marches en ardoise ébréchée, 
    Hakim se posait toutes ces questions tandis  sa main, 
    moite d'émotion, étreignait la grosse clé en fonte que 
    venait de lui remettre la voisine chargée de veiller sur 
    la vieille dame, déshabitée depuis presque trente ans. 


    Avant de l'introduire dans la serrure, il se tourna vers 
    la maison d'en face, là où il avait passé les moments 
    les plus étonnants de son enfance, auprès de celle qui 
    l'avait nourri d'affection et de musique, celle qui l'avait 
    serré dans ses bras avant d'entamer son chemin 
    de croix, chassée par les tremblements de l'histoire, 
    le laissant au seuil d'une existence d'orphelin solitaire, 
    errant de familles d'accueil en internats, de 
    chambres de bonne en foyers universitaires.


    Le camion de l'exil avait, plus d'une fois stationné là, 
    au bord de l'étroit trottoir. C'est étrange! On s'en va 
    toujours à i'orée du jour pour conjurer le sort, 
    comme pour faire du départ une renaissance, 
    alors qu'il s'agit d‘une déchirure mortelle.
    L‘enfance de Hakim avait été cisaillée par 
    plusieurs départs. Cela se passait toujours de la 
    même façon. Le petit garçon avait appris à 
    reconnaître les prémices du grand chambardement. 
    Mohamed, son père, rentrait le soir, l'air sombre 
    et préoccupé. II répondait très distraitement aux 
    sollicitations ludiques de son enfant unique, 
    avalait rapidement son repas et s'enfermait dans 
    sa chambre. Cela durait deux au trois jours, puis un 
    matin, la quiétude familiale, était rompue par les 
    éclats d'une grande dispute sous le regard apeuré 
    du petit ;
    - Partir ? Encore ? Partir pour aller où cette fois ?
    - Là où je pourrais trimer pour vous apporter la pitance 
    que vous avalez !
    - Tu ne vas pas me dire que tu as quitté ton travail à la mine?

    - Je n'ai pas quitté cet enfer ! On m'a mis à la porte, tu 
    comprends, mis à la porte. Je ne peux plus descendre 
    au fond, car il n‘y a plus rien à gratter dans cette maudite 
    mine qui a tué mon père et le père de mon père. 
    Elle ne m'aura pas, moi aussi, cette mangeuse d'hommes. 
    C'est un signe du destin et notre destin est ailleurs. 
    Alors ne discute pas et emballe les affaires. Je vais 
    m‘absenter deux ou trois jours et quand je reviendrai 
    je veux que tout soit prêt. Tu as compris ?
    - Je suis maudite, reprenait de plus belle Kheira, la 
    maman de Hakim ! Mille fois maudite ! Ya Sid Ahmed 
    Benyoucef (Saint Patron de Miliana), pourquoi m‘as-tu 
    infligé une destinée pareille. "Pourquoi me fais-tu souffrir 
    depuis mes treize ans ? Je n'ai même pas eu le temps 
    de vivre mon enfance."

     


     - Tu as fini de te plaindre, cria Mohamed en se levant, l'air 
    furibond ! Tu crois que je mène la belle vie ? Un fils solitaire, 
    une femme qui n'a pas su me donner d'autres enfants et qui 
    passe sa vie à geindre '
    - Ce n'est pas de ma faute si la tuberculose est passée par là ! 
    Et toi qui n'es jamais là ! J'ai été malade comme une chienne ! 
    J'ai craché mes poumons devant l'Œil indifférent de 
    Lalla Zéhira qui ne répondait qu'à la voix suave de 
    son mari, le caïd gras et libidineux, toujours vautré dans son lit 
    à baldaquin avec pour seule occupation son chapelet et ses 
    incantations, ce gros lard qui passe son temps, à guetter du 
    coin de l'oreille le bruit des persiennes de la maison d'en 
    face pour se précipiter dans l'espoir d'apercevoir Esther la catin.
    - C‘en est trop, tu dépasses les bornes, hurla Mohamed en 
    levant la main ! Tu vas la recevoir ta tannée …


    A ce moment un piano se mit à égrener ses notes. La musique 
    traversa la rue, envhit la pièce et couvrit de son harmonie les 
    vociférations et les cris, opposant sa magie à la violence 
    des gestes, retenant la main de l‘homme dont le visage se 
    transforma comme sous l‘effet d‘un enchantement. Tous les 
    protagonistes du drame naissant se figèrent : les mouches 
    s‘arrêtèrent de voler ; le crieur public aveugle qui se tenait 
    au coin de la rue de Tanger ravala son tonitruant « sardines
     au marché » ; le cheval harassé condamné à traîner le 
    tombereau de l‘éboueur stoppa au milieu de la chaussée ; 
    l‘éboueur oublia de lever son fouet sur la bête ; les 
    gamins de la houma (quartier) suspendirent leur partie 
    de foot et retinrent leurs grossièretés au portillon de leurs 
    bouches adolescentes ; Ahmed Bounif, le chef de la 
    bande qui s'imposait à ses camarades plus par sa 
    force que par son intelligence desserra ses doigts 
    d‘autour de la gorge de Moh Smina, son souffre-douleur 
    qui commençait à suffoquer ; P'tit Poucet qui s' imposait 
    plus par sa ruse que par sa corpulence détourna les 
    yeux de la bagarre ; Omar le harki qui accompagnait 
    les parachutistes en patrouille ne vit pas Khaled le 
    collecteur de ronds destinés aux maquisards, qui 
    passait pourtant tout près de lui ; Yamna pensait 
    fort â Salim son amour d'enfance qui l'avait quittée 
    pour un amour plus puissant en prenant les armes ; 
    Baya la voyante laissa tomber la main de Jeannine 
    à qui elle prédisait une longue vie d'amour et 
    de fortune ; Jeannine la blonde maîtresse du 
    commissaire de police prit un air alangui face à 
    son miroir qui ne se lassait pas du spectacle, de la 
    poitrine généreuse et provocante à l'étroit dans 
    la sortie de bain rose bonbon, cadeau de 
    Si Belgacem le commerçant ; celui-ci stoppa 
    son élan vers le bar de Gonzalez où l'attendait 
    sa bouteille d'anisette ; Monique la serveuse 
    laissa tomber le verre qu'elle était en train de 
    laver ; les vieux, assis sur les bancs à l'ombre 
    des platanes de la pointe des blagueurs se 

    mirent à sourire béatement et se détournèrent de 
    leur partie de cartes ; les oiseaux à l'abri des 
    feuillages cessèrent leur chant ; le Zaccar, 
    montagne déflorée et stérile, se pencha un peu
     plus sur la ville en faisant trembler le mausolée 
    de Sidi Abdelkader, ; la ville oublia de regarder 
    la plaine du Chellif du haut de sa morgue acquise
    pour avoir été le fief de l'Emir ;

    Résultat de recherche d'images pour "horloge miliana"

    décida de ne pas donner l'heure pour ne pas gêner 
    la mélodie ensorceleuse qui prenait possession 
    de la ville et des hommes : Esther, la belle juive au 
    cheveux noirs, s'était mise à son piano.


    caramel
    Une amie internaute de France qui n'oublie pas sa ville Annaba                                                       où dit-elle elle a vécu ses plus belles années :
    merci Ghadames pour cette belle et triste histoire
    je vais m'empresser d'acheter ce livre, car la lecture
    est une de mes passions, avec la cuisine et les animaux !

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    Le cour perçoit ce que l'oeil ne voit pas

     


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