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Juifs de Laghouat

Voici quelques extraits du livre de Hadj Mahmoud Kazi sur la communauté juive de Laghouat où Mardochée Zenou, sa femme Santana, ses enfants Coco et Jeanne, mes copains, étaient nos voisins de l'Avenue Cassaigne. Les juifs de Laghouat vivaient et s'habillaient de burnous et gandoura et il était difficile de les différencier de nous sauf à les reconnaitre avec "les pattes" de cheveux qu'ils ne rasaient pas au bas des tempes. 

 

La comunauté Juive de Laghouat 

Avant la prise de Laghouat, le 4 Décembre 1852, par l’armée française, les Juifs vivaient en parfaite harmonie, cohabitation et entente avec les laghouatis.

L’allaitement des enfants des mamans juives et musulmanes se faisait mutuellement. Ce procédé a créé une entente et une amitié franches, loyales et sincères, entre les deux communautés, dont les enfants sont devenus à travers les temps et les générations des frères de lait.

Il est à signaler un cas peut être exceptionnel à Laghouat. Durant les années de disette et de famine les femmes nomades se présentaient journellement au quartier juif « Zgag Lihoud », avec leurs bébés pour l’allaitement par des juives qui vivaient à cette époque dans l’aisance et la prospérité.

Je ne peux conclure ce paragraphe, sans signaler que bon nombre de femmes juives ont épousé des hommes de grande tente. De cette union, elles ont embrassé la religion musulmane et légué à la société une progéniture exemplaire.

 

Juives de laghouat 

 Jeunes femmes juives de Laghouat 

Ils occupaient la partie inférieure des quartiers Ahlaf et Ouled Serguine. Ils exerçaient des travaux pénibles et salissants (chaudronnier, pour la fabrication et la réparation des usteucils de cuisine – forgeron pour la fabrication des outils de travail. Ferblantier, plombier et surtout le métier lucratif de bijoutier.

Les juifs étaient des subalternes et hommes de peine au service des Autochtones, considérés comme des maîtres. Par respect à ces derniers, ils emploient toujours les termes « Sidi et LALA » respectivement pour les hommes et les femmes. Juste après l’occupation, l’autorité militaire a créé pour les juifs tout un quartier, connu sous l’appellation Zgag Lihoud.

 

 
   

Sans titre 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Jeune Juive de Laghouat  1884

 

Il est à signaler que le fameux décret Crémieux, du 24 octobre 1870 a prévu la naturalisation des Juifs Algériens. Ceux de Laghouat, ils se sont opposés formellement, voire même, ils ont adressé une vive protestation refusant cette mesure, considérée comme une francisation, touchant à leurs coutumes et traditions. Ils ont même écrit sur tous les murs de leur quartier, en caractère arabe le slogan :

نحن يهود عرب لا فرنسيس

Nous sommes des juifs arabes et non des français.

Il est vrai que la création du quartier ‘’ Zgag Lihoud ‘’ a causé la séparation radicale et le clivage entre les Laghouatis et les Juifs. Par contre, elle a rapproché et assimilé les juifs aux colons nouvellement installés à Laghouat. Ils sont devenus des serviles, des Boys et des Agents de renseignements aux Français. Ils ont profité de cette situation, pour occuper des emplois au sein de l’Administration et se lancer dans le commerce.

Les relations entre les Laghouatis et les Juifs se sont détériorées, vers les années 1920, suite  la nomination de Jacob Lalou en qualité de Maire.

   Jacob Lalou

C’est ainsi que le Conseil Communal a majorité juive a pris une délibération de cession de l’ensemble de terres à vocation agricole ‘’ DAYA ‘’ au profit des familles juives de Laghouat.

Enfin, en 1946, l’Administration française a décidé d’organiser des élections libres. Devant l’importance de ces élections et pour faire face à la liste des candidats de l’Administration à sa tête Jacob Lalou, il y a eu alliance entre les deux partis politiques MTLD et UDMA, avec une liste unique à sa tête le Colonel Merad Ali.

A l’annonce du résultat du scrutin, les élèves de la seule école de garçons, ont saccagé le domicile de Jacob Lalou, en scandant:  ‘’ vive Merad, Lihoudi Jacob mat ‘’.

A la veille de l’Indépendance de l’Algérie, en 1962, les sieurs Balouka, le mari de Saida, représentant Michel Lalou et Zenou, plombier ont fait partie du Conseil Communal de la Commune de Laghouat, présidé par M’Chattah Si Aïssa.

A la conquête de Laghouat, en 1852, les Juifs de Laghouat, n’ont subi aucune perte en vie humaine et leurs biens ont été épargnés de toutes destructions, et vols. Les seuls juifs qui ont subi le même sort des Laghouatis, pour avoir participé effectivement à la lutte armée :

- Lalou ben Mouchi et son frère Haim,

- Lalou ben Yahouda ben Dziria.

Dont les biens ont été confisqués, répertoriés sous les numéros respectifs 428 et 434, des biens mis sous séquestre par arrêté du Gouvernement Général du 25 Janvier 1853.

Les juifs de Laghouat, ont vécu dans le faste et la prospérité, avec tous les avantages des français d’Algérie. A l’indépendance du Pays, en 1962, ils ont quitté en masse Laghouat, pour regagner la France, à l’exception de Zenou Mardoché, plombier de son état est resté à Laghouat, jusqu’à Juin 1968. il s’installa à Marseille au 188 Avenue de la Capelette. Il était connu et respecté par les Laghouatis pour avoir servi d’Agent de liaison durant la guerre de libération. Il fût même membre de la première Assemblée Communale en 1962, présidée par M’Chattah Aïssa.

Pour l’histoire

En 1962, au moment de débaptiser l’Avenue du premier novembre, Zenou Mardoché présent à la cérémonie et en présence d’un nombre important de citoyens a déclaré :

Mes ancêtres, les juifs de Laghouat, en 1852 ont assisté à la création, ou plus exactement à l’ouverture de l’Avenue Cassaigne et au scellement de la plaque portant le nom du Général Cassaigne.

Enfin, après plus d’un siècle, exactement en 1962, je dirai à mes aïeux, votre progéniture, en la personne de Zenou Mardoché a procédé à l’enlèvement de la plaque portant le nom du général Cassaigne, pour la remplacer par celle de l’Avenue du 1er novembre.

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Le coeur perçoit ce que l'oeil ne voit pas

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L
Il ne sagit pas de Jacob Lalou en photo mais de Boï Itshak Lalou
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