• Sidi Ahmed Benyoucef

     

    Généalogie d’une nation

    Djelfa et la saga des Ouled Naïl

    « La toison et l’honneur de la tribu »

    Par  Dr Boudjamaâ Haïchour, chercheur universitaire, ancien Ministre.

    Sidi Ahmed Benyoucef et Sidi Naïl

         

    La légende et sainteté de Sidi Naïl


    Le saint Sidi El Abbas Ahmed Ben Youcef de Miliana qui dispensait des cours à ses élèves voulait tester leur conviction et leur courage. Il décida de faire une expérience et le matin de l’Aïd el Fitr, tous ses élèves furent conviés à partager le couscous et méchoui de la fête. Il s’adressa à eux en leur livrant le secret de son songe : « Cette nuit, j’ai vu dans mon rêve le Prophète Sidna Mohamed (QSSL). Il m’a dit de faire un sacrifice plus agréable à Dieu que celui du mouton rituel. Que ceux d’entre vous qui l’acceptent restent ici. Je les appellerai un par un et je les immolerai. Cela doit se faire sans contrainte et de votre plein gré. S’il en est qui ne veulent pas, qu’ils partent célébrer la fête ailleurs. » Un élève se leva et partit, puis un autre puis un troisième. Finalement il en resta sept. 
    Sidi Ahmed avait fait ses préparatifs durant la nuit. Sur la terrasse, il avait transporté sept moutons, les terrines et le couteau nécessaire. Il monta seul et appela un à un ses élèves. Tous obéirent tremblants. Le cheikh leur enleva leur gandoura et égorgea un mouton. 
    Le vêtement taché par le sang s’égouttait par les gouttières. Chaque gandoura toute ensanglantée était jetée dans la cour. L’opération continua jusqu’au dernier, Mohamed Ben Abdellah. Tous avaient le visage pâle sauf ce dernier qui resta serein. Sidi Ahmed lui demanda s’il n’avait pas peur de la mort. Il lui rétorqua : « Je suis heureux de mourir de ta main à toi qui es mon maître vénéré. » Alors, le cheikh lui donna sa bénédiction et à ses descendants pour son courage. 

    Hôtel Naïli de Djelfa

     

    Hôtel Naïli de Djelfa

    D’où le nom de Sidi Naïl parce qu’il avait « obtenu » la bénédiction de Sidi Ahmed Ben Youcef. On dit plus tard de ses enfants « Acelham chorfa wa Nai’iline el Khayr ». « A toi Naïl, pouvoir de Marabout et de ouali ; ta réputation sera sur tous les chemins. Tes enfants auront visages beaux et cœurs plus beaux encore. » Il ira s’installer, après Alger, au sud près d’Aïn Rich. Il faut dire que Sidi Naïl était l’élève de Sidi Ahmed Ben Youcef Er Rachidi décédé en 931 de l’Hégire, soit 1525 et enterré à Miliana. Donc Sidi Naïl aurait vécu durant le dixième siècle hégirien. Sidi Naïl se rendra ensuite chez les Ouled Mokhtar au bord de l’Oued El lhem. Il rencontrera sur sa route un autre M’rabet Sidi Hamla chez les Ouled Madhi qui le maria à sa fille Aïcha.
    La légende rapporte aussi que Sidi Naïl avait apprivoisé le lion. Sa tente devint un lieu visité et pour la distinguer des autres il dut la teindre en bandes rouges. C’est à partir de cette date que les Ouled Naïl optèrent pour la tente à bandes rouges. Il mourut et fut enterré dans un lieu appelé « Jabbanat es sabyane » où l’on n’enterre que des enfants dont la pureté les fait ressembler aux anges. Il faut rappeler que cette légende a été rapportée de son temps par un illustre généalogiste cheikh Sidi Mohamed ben Abi Belkacem de la Tariqa Rahmania.
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    Le coeur perçoit ce que l'oeil ne voit pas

     


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