• La Croix du Sud

                     

    La Croix du Sud

     

    Iferwan…Croix du sud. "Inventif et habiles les touaregs sont renommés pour leur artisanat et surtout pour leurs bijoux qui sont de vraies merveilles. Ils sont essentiellement fabriqués en argent, en bronze ou en laiton. La croix du sud fait partie des nombreux bijoux Touareg.
    La dénomination “croix”, attribuée par les Européens, est arbitraire

     Si je devais vous faire un petit cadeau
    de fin d'année, ce serait celui-là puisqu'il
    peut être porté aussi bien par
    Elle que par Lui

      


      "Voyager, c'est aller de soi à soi en passant par les autres"
     

    En cette période de vacances scolaires, mes petits-enfants
    Meriem et Abderrahim sont partis avec leurs parents faire
    un tour au Sahara, du côté de Tamanrasset, au pays des
    Touareg (pluriel de Targui).
    Peut-être rapporteront-ils avec eux des Croix du Sud,
    ce qui m'a poussé à vous conter la légende de ce bijou 
     

    D'autres bijoux de Kabylie

    Femme kabyle portant diadème, boucles d’oreilles colliers, bracelets, bagues (photo A. Bozom).

    La croix du Sud ou Iferwan était exclusivement portée
    par les hommes et se transmettait de père en fils à la
    puberté en évoquant l’éternelle phrase
     « Mon fils, je te donne les quatre directions du monde,
    car on ne sait pas où tu iras mourir. »

    Il existe 21 modèles différents de Croix du Sud.
    Chaque croix est le symbole d'une ville et permet de
    connaître la provenance des nomades qui la portent.
    Il est difficile d'être catégorique sur leur origine.
    Selon certaines études, les croix existeraient
    depuis l'Égypte pharaonique. Mais il se pourrait également
    qu'elles datent d'une période pré-islamique plus récente,
    à l'epoque où les tribus furent influencées par le christianisme
    et le symbole de la croix chrétienne.
    Ces bijoux en argent sont réalisés par les forgerons Touareg
    selon la technique de la forme perdue, dont la première étape
    consiste à modeler en cire une réplique grossière de la croix.
    Cette forme est alors enrobée d'argile et passée au four.
    La température liquéfie la cire qui s'échappe par une extrémité,
    libérant ainsi un moule en terre cuite creux dans lequel
    est coulé l'argent. Après refroidissement, l'artisan casse le moule
    d'argile pour en retirer la croix brute. C'est en limant et ciselant
    longuement qu'il termine la croix.

      
    Légende des Croix du Sud
     


    Il était une fois un jeune noble targui qui tomba follement amoureux d'une princesse dont le père, le farouche Amenokal , empêchait l'accès au palais à tous les prétendants par un dispositif de sécurité sans failles. Notre jeune guerrier ne voulant pas braver cet interdit au risque d'un scandale choisit la ruse pour accéder à la princesse, objet de tant de passions. Bénéficiant de la complicité d'une servante, il lui fit parvenir son désir d'établir un mot de passe, afin d'éviter des risques éventuels. La princesse lasse de ces longues attentes qui la séparaient de son amour donna son accord et scella ainsi un pacte qui devait résister au temps et à toutes les hostilités. Notre noble alla trouver son forgeron, confident et ami de jeunesse, lui étala sa peine et lui demanda conseil. Ce dernier, au bout de ses réflexions, se proposa de combiner les deux syllabes de '' TARA '' mot qui signifie '' AMOUR '' en tamacheq, pour en faire l'objet devant servir de lien entre le noble et la princesse. Les deux syllabes se transcrivent '' + '' et '' O '' . Il réalisa l'objet et le présenta à son ami. Celui-ci étonné lui demanda comment s'appellait cet objet ; l'artisan lui répondit sur le champ : '' TANEGHELT '' , qui veut dire '' la fondue '' ou '' la versée '' . Il expliqua au jeune guerrier que pour consacrer son union avec la princesse, il avait fondu ensemble les deux lettres-syllabes et quà coup sûr leur amour aboutirait. Le noble, convaincu que son ami avait caché un pouvoir magique dans cet objet, alla le remettre à la servante complice de ses retrouvailles avec la princesse. Il lui expliqua son utilité. Chaque soir en apportant le dîner à la princesse, la servante plaçait l'objet mystérieux sur le couvercle de l'écuelle, et la princesse savait alors que son prétendant l'attendait. Elle trouva ensuite une astuce pour le rejoindre. L'aventure se conclut bien et le calvaire de nos deux amoureux prit fin, car le farouche AMENOKAL, père de la belle princesse céda devant tant d'ingéniosité et la puissance de leurs sentiments.Le TANEGHELT devint plus tard un bijoux à part entière, réclamé par toutes les fiancées à leurs nobles servants, il ne contient rien de magique, si ce n'est la sincérité et la force de la passion qui étaient à la base de sa naissance. Les artisans qui le fabriquent se sont transmis sa légende de génération en génération. Ils situent sa naissance à l'époque où la capitale de l'Aïr se trouvait à Azelik (les ruines sont visibles à quelques kilomètres de Teguidda-n-Tessoumt, au Nord-Ouest dAgadez). Les voyageurs étrangers l'ayant remarqué au cou de toutes les jeunes filles l'ont décrite dans leurs carnets de voyages, et sa renommée se répandit dans le monde entier à l'époque où la capitale fut transférée à Agadez entre le XIIIe et XIVe siècle. Mais déjà elle avait deux siècles d'existence

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    Le coeur perçoit ce que l'oeil ne voit pas


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