• Destins de vies...

     

     

    Parcours de vies

    Abane Ramdane

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Izza Bouzekri sinon 
    Madame veuve Abbane Ramdane aujourd'hui Mme DEHILES

     

    Slimane Dehiles dit Si Sadek

    Slimane Dehilès, de son nom de guerre, le Colonel Sadek, est né le 14 février 1920, au village Aït Berdjèle, à 5 kms au Nord- est du chef-lieu de la commune des Ouadhias, dans la région de Tizi Ouzou. Combattant de la première heure, lors de la guerre de libération nationale, il fut chef de la wilaya IV.

    "Je suis née a la casbah,17 rue pyramide, en 1928. A l'âge de trois ans j'ai perdu mon père qui gagnait péniblement sa vie. Nous avons déménagé a notre Dame d'Afrique, rue du Carmel ou j'ai fréquenté l'école communale jusqu'à l'obtention du certificat d'études puis j'ai continué a la Chabiba ou j'ai été impregnée et sensibilisée a la cause nationale par cheikh Tayeb el Okbi qui a eu une grande influence sur moi. Nous étions pauvres et ma mère, veuve travaillait. Je l'aidais comme je pouvais. J'avais conscience de l'indigence des indigènes comparée au train de vie des colons. L'injustice était flagrante.

    J'ai commencé a militer en 1947 au sein de l'AFMA (Association des Femmes Musulmanes Algeriennes ) sous l'égide du MTLD et présidée par Mamia Chentouf. J'y ai croisé Nafissa Hamoud future professeur Laliam .Nous faisions beaucoup de social et nous entrions dans des mariages a la Casbah et a Belcourt pour entonner des chants patriotiques ce qui nous valait de ressortir avec une petite cagnotte !
    En 1949, atteinte de tuberculose, je suis envoyée a Marseille ou je suis sauvée in extrémis. Lors de mon séjour au sanatorium d'Annecy qui dura environ 15 mois j'ai été formée a la sténo-dactylo. 
    De retour a Alger, j'ai décidé de m'émanciper en enlevant le hayek au grand désespoir de ma mère et de parfaire ma formation a l'école Pigier.
    C'est grâce au MTLD que j'ai trouve un poste de secrétaire chez un avocat, maître Boyer, rue Duc des Cars. 
    Dés le déclenchement de la révolution,  j'ai cherché a rejoindre le FLN, Nassima Hablal fût la première a y accéder et ce n'est qu'en Juillet 1955 que mon voeu se réalisa. Nous avions un voisin qui enseignait l'arabe, Hocine Belmili avec qui je discutais le matin avant d'aller a mon travail. Un jour,il me dit: tu es sûre de vouloir entrer dans le FLN ? Oui ai-je répondu. Alors tiens toi prête demain.
    Le lendemain par une belle journée de juillet, nous avons pris un taxi direction la Glacière à El Harrach. Un homme nous attendait. J'ai tout de suite compris que j'avais affaire à un élément important du FLN.                Il m'a d'emblée tutoyée :
    -Tu fais quoi?
    - Je suis la secrétaire d'un avocat
    - Tu tapes a la machine
    - Oui
    - Tu as des contacts et des refuges sûrs ?
    - Oui 
    - Alors tu seras contactée a ton boulot.
    Il a tourné les talons et a disparu.
    Je venais de faire la connaissance de Abane Ramdane !
    15 jours après,j'ai reçu la visite de Amara Rachid, agent de liaison : Abane cherchait un refuge.
    Je lui ai présenté Fatima Zekkal Benosmane qui l'a reçu chaleureusement.
    J'ai profité de mon travail pour taper tous les tracts et autres documents que le FLN m'envoyait, parallelement a Nassima Hablal jusqu'à son l'arrestation en octobre 1955, arrestation a laquelle j'ai assisté ! J'ai cessé toute activité car j'étais fichée par la police qui me filait matin et soir, tout en continuant mon travail chez l'avocat.
    Quelques temps aprés Abane m'envoie Mohamed Seddik Benyahia pour me demander d'entrer dans la clandestinité. Ce que je fis en m'installant dans la famille Alkama au 20 rue Bastide;
    J'ai eu l'honneur de taper les six premiers numéros d'El Moudjahed ainsi que la plate forme de la Soummam.
    Aprés la grève des 8 jours, la répression policière a été telle que Abane a du fuir Alger pour Tunis en février 1957, me laissant seule avec notre bébé .Ma vie de militante s'est arrêtée net. Je n'ai plus eu de ses nouvelles jusqu'en décembre 1957 date a laquelle je reçois un télégramme : "rejoins- moi ".
    Arrivée a Tunis début janvier 1958 il était trop tard il venait d'être assassiné mais je l'ignorais et on m'a laissé dans l'ignorance durant 5 longs mois.... Je l'ai recherché sans relâche jusqu'au jour ou j'ai croisé Slimane Dehiles son ami de toujours, le défenseur de la veuve et de l'orphelin.
    Nous avons pleuré Abane ensemble et je l'ai épousé en Novembre 1959
    Et depuis, je suis murée dans mon silence !"

    Izza Bouzekri
    Veuve Abane Ramdane
    épousée par Slimane DEHILES dit le Colonel Sadek

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    Le coeur perçoit ce que l'oeil ne voit pas

     


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